Les fascias, que sont-il et quel est leur rôle ?

Depuis toujours, les fascias furent les grands oubliés des anatomistes. Ce n'est que récemment que leur rôle fondamental pour notre santé a été découvert. Mais, que sont-ils réellement ? De quoi se composent-ils et quel est leur véritable rôle ? Nous allons tenter de répondre à ces questions.

Les fascias, qu'est-ce que c'est exactement ?

Les fascias 1Selon Wikipédia, un fascia est : "une membrane fibro-élastique qui recouvre ou enveloppe une structure anatomique". En réalité, les fascias forment un tissu conjonctif très riche en fibres de collagène. Ils sont présents partout dans notre corps. Les fascias enveloppent tous nos muscles, nos tendons, nos organes (même le cerveau) et soutiennent nos os. On distingue deux types de fascias : les fascias superficiels, qui se trouvent, comme leur nom l’indique, directement sous la peau, et les fascias profonds entourant nos muscles, nos fibres musculaires, notre squelette et nos organes, même le cerveau. On peut donc constater leur rôle prépondérant et central au sein de notre organisme et, par là-même, pour notre santé. Chez un adulte, l’ensemble constitué des membranes blanchâtres des fascias pèseraient jusqu’à 20 kg !!

Les fascias 2Les fascias forment un système à part entière qui reste encore, à ce jour, largement à explorer. Via ce réseau, les fascias sont interconnectés entre eux, et ce, quel que soit l’endroit du corps. On peut donc dire que leur structure est interdépendante.

Les fascias 3On peut donc comparer les fascias à un réseau allant de la tête aux pieds, et d’une main à l’autre en passant par les épaules et, même, sous forme de spirale au niveau du tronc.

C’est à Jean-claude Guimberteau, spécialiste français de la main, que l’on doit la découverte du réseau des fascias. Voici ce qu’en dit cet éminent chirurgien : "Grâce aux travaux sur les fascias, on va avoir, petit à petit, de nouvelles perceptions de l’anatomie … qui ouvriront, bien évidemment, sur de nouvelles thérapies." Il ajoute : "Nous sommes, véritablement, un réseau fibrillaire et ce, de la surface de la peau, jusqu’au plus profond des os et des cellules. Tout est lié par cette organisation fibrillaire, dont le diamètre est extrêmement variable, mais continu. Il n’y a pas d’espace libre, tout est en continuité.".

Comment démontrer l’interconnexion des fascias ?

Jan Wilke, scientifique allemand, spécialiste en sport, tente de démontrer cette interconnexion globale des fascias dans l’ensemble de la structure interne du corps. Pour cela, il réalise plusieurs expériences. En voici deux d’entre elles :

Expérience 1 : démontrer l’interconnexion des fascias de la ligne dorsale superficielle.
N.B : Cette ligne passe par les muscles extenseurs du dos, de part et d’autre de la colonne vertébrale, le ligament sacro-tubéral, puis se prolonge le long de l’arrière de la cuisse, le muscle du mollet, le tendon d’Achille et, pour finir, le fascia plantaire au niveau de la plante du pied.

En fléchissant à plusieurs reprises les chevilles d’un patient allongé sur le ventre, Jan Wilke constate à l’examen échographique, que le fascia situé derrière la cuisse produit un léger glissement. Il conclue ainsi : "Nos premiers résultats semblent en effet indiquer que, si je bouge quelque chose dans la partie inférieure, en l’occurrence, si j’étire le muscle du mollet, un effet de traction se produit au niveau du muscle à l’arrière de la cuisse."

Expérience 2 : démontrer la connexion des fascias entre la colonne cervicale et la jambe avec le dos au milieu.

Constitution des fasciasOn commence par tester la mobilité de la colonne cervicale. Puis, on étire la jambe, avant de refaire les tests de mobilité de la colonne cervicale. Quels effets ont ces étirements sur la colonne cervicale ? Là aussi, on constate que la mobilité de la colonne cervicale s’est améliorée d’environ 8% après l’étirement des muscles de la jambe. Il y a donc eu une amélioration de la flexion et de l’extension de la tête en agissant sur les jambes !
Jan Wilke conclue : "Cela laisse supposer qu’il existe un effet mécanique de transmission entre les jambes et la colonne cervicale."

Quelle est la composition exacte des fascias ?

Les fascias dans le corpsLes fascias sont constitués de fibroblastes entourés d’une matrice. Les fibroblastes sont les cellules principales du tissu conjonctif. Ils produisent notamment des fibres de collagène, le composant principal de cette matrice. Selon Robert Schleip, directeur de recherche de l'European Rolfing Association de Munich : "Il est intéressant de noter que ces cellules (les fibroblastes) ne représentent qu’un infime volume du tissu conjonctif, mais qu’elles en produisent en revanche une grande partie."

Quelles sont les fonctions des fascias pour notre santé ?

Carla Stecco, professeur d’anatomie à l’université de Padoue en Italie, a établi un atlas des fascias, pour la première fois systématiquement répertoriés dans l’ensemble du corps humain. Voici ce qu'elle dit sur les fascias : "Je pense que les fascias sont très importants. Les ignorer, serait comme ignorer les nerfs ou les vaisseaux sanguins du corps. Ils forment un véritable organe, et nous devons comprendre comment le traiter." Grâce à son travail, notamment sur le fascia thoraco-lombaire, on cerne de mieux en mieux la cause du mal de dos qui touche près de 80% de la population mondiale. Selon Carla Stecco, le fascia thoraco-lombaire, l’un des plus importants de notre corps, est "certainement à l’origine de la plupart des maux de dos."

Le réseau des fasciasMais, comment un fascia peut-il occasionner ces douleurs ? C’est ce que cherche à découvrir Robert Schleip, l’un des spécialistes allemands du fascia. Sa thèse sur les fascias lui a valu plusieurs récompenses et prix scientifiques. Voici ce que nous explique ce psychologue et thérapeute corporel de formation : "Avant en anatomie classique, on était content quand on avait mis cet organe de côté qui n’intéressait personne. Désormais, la reconnaissance dont jouissent les fascias est spectaculaire."

En synthétisant le collagène, les fibroblastes participent notamment à la cicatrisation, permettant ainsi aux plaies de se refermer. Mais un excès de collagène peut être préjudiciable. Le manque d’activité physique, par exemple dues à un bras dans le plâtre, entraîne une prolifération des structures conjonctives. Autrement dit l’activité physique est très importante pour les fascias pour ne pas subir d’enraidissement.


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